La côte est américaine

La côte est américaine
Des Florida Keys à la Caroline du Nord

Un ami rencontré dans les eaux turquoises du Bélize s’étonnait de nous voir partir au nord dans une région froide et bétonnée il y a 1 an de cela, chatouillant quelques appréhensions qu’on avait alors.

Après 5 mois de route, notre navigation en zig zag entre Intracoastal Waterway et Atlantique de la Floride à la Caroline du Nord s’est révélée unique et différente de tout ce qu’on a connu ces 10 dernières années, de la Manche à la Méditerranée en passant par la Mer d’Andaman et les Caraïbes.  

Vivante et surprenante, on ne pourrait que conseiller cette expérience qui nous a séduit par sa variété de paysages et de conditions météo.

Creusé par la main de l’homme, l’Intracoastal Waterway est un canal initialement destiné à faciliter le transport commercial à l’intérieur du pays. Il connecte entre eux des plans d’eaux existants sur une boucle totale de 4800 kilomètres de Boston au Massachusset au Texas et aux Grands Lacs.

Django a tracé sa route tantôt au moteur dans les canaux très étroits, tantôt sous voiles lorsqu’ils s’élargissaient jusqu’à devenir des baies grandes comme des états.

Le décor a défilé comme un ruban qu’on déroule, des forêts maritimes aux estuaires bordés de dunes de sables et aux champs de roseaux parfois en une seule et même journée.

 

Observer son voilier se balader et traverser une forêt dense sous génois comme pour aller champignonner tient de l’irréel, un peu comme ces images de rêves inachevés et étranges que l’on fait en demi-sommeil et qui vous imprégneront longtemps.

 

Au nord de la Floride, les rives parsemées de palmiers et de gigantesques maisons de riches propriétaires ont laissé la place à une végétation plus dure, apte à résister à un climat plus froid. Les zones construites s’espacent et l’architecture bling bling devient plus « bois », plantée sur pilotis.

En Caroline du Nord, il est possible de croiser successivement des dauphins, des tortues, des chevaux sauvages, des biches, des rapaces et des ours qui traversent la rivière ! Il parait même que le loup rouge rôde dans parcs naturels qu’on a traversé.

C’est interpelant dans un pays où la densité de la population est particulièrement forte sur son littoral et où chaque centimètre de territoire est délimité, surrégulé.

À l’exemple de la pêche, certains diront que les mesures sont là pour maîtriser la pression humaine, d’autres qu’elles servent à tirer tout le bénéfice économique de leur environnement.

Les deux nous semblent justes, l’un prenant le pas sur l’autre selon les zones, l’économie locale et les impulsions politiques.

Préférant la nature à la ville, on a esquivé la zone surconstruite de Miami et franchement, en réponse à notre copain, à aucun moment on ne s’est sentis oppressés par la foule ou le béton tout au long du voyage.

Les villes grandissent autour des villes et compte tenu de la grandeur du territoire, de larges espaces naturels sans présence humaines se sont alternés avec les zones urbaines au fil des 700 derniers miles parcourus.

 

Parfois, nous passions la nuit au pied de grands immeubles, d’autre fois, nous étions seuls au monde avec le cul du bateau amarré aux arbres. Cette variété nous a beaucoup plu.

 

Alors bien sûr, quelques contrariétés étaient sur notre chemin comme le jour de notre passage vers le lieu de passage des ours noirs, ce sont les avions de chasse qui nous attendaient.

En plein exercice et tournoyant bruyamment en boucle en dessus de notre mât, ils indiquaient la proximité de la base navale de Norfolk en Virginie, la plus grande du monde.

Mais globalement, venant d’un pays minuscule en termes de territoire à l’échelle du monde, ce sont encore une fois des grands espaces et de la diversité dont on va souvenir.

En bonus, les zones protégées et les parcs naturels se succèdent, mettant de nombreuses ressources éducatives pour en apprendre davantage sur la nature environnante à disposition.

Les restrictions liées au COVID -et le bon sens- ont limité notre visite du pays dès St-Augustine et on reste un peu sur notre faim puisqu’il existe une richesse incroyable de musées, tours, parcs à découvrir.

On s’estime toutefois très, très chanceux d’avoir pu continuer notre route, en bougeant notre petite maison flottante et en profitant des sublimes et vastes plages de sable si typique de l’Atlantique avec ses dunes et ses surfeurs.

L’ambiance changeante et vivante du bord de mer du fait des marées ici est saisissante et nous « parle » peut-être même davantage que le bleu caraïbe.

Plus on monte, plus c’est beau et on se réjouit de la suite ! Stay tuned 😉

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